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「Ah, oui ? 」使われる口調によって、この「Ah」と「oui」という二つの単語で、驚き、関心、同意を表現することができ、また、無気力、無関心を表現することもできます。2ヶ国語の短いテキストで、フランスとフランス人のいろんなコトを紹介するこのコーナーのタイトルに選びました。また、学館に関するプレス記事もここでご紹介します。
Expositions

表現の自由の究極体現

Le dessin de presse, en France et au Japon: une approche comparative

2010.06. 8

西日本新聞(朝刊) 2010年6月4日(金) 

表現の自由の究極体現
新聞イラストの日仏比較

5月中旬、福岡市の九州日仏学館で開催されたシンポジウム「新聞におけるイラストの日仏比較」で講演と対談を行った。
 対談相手のピエール・ガイエフスキ氏はフランスのイラストレーター。風刺をきかせた週刊新聞「バクシーシュ」(アラビア語でわいろの意)に寄稿する漫画家として活躍する。閣僚や往年の名女優のセミヌード、政治家の失言録など、氏のイラストは美しさの中にスキャンダルを赤裸々に描き出す。
 一方、私がかかわる日本の新聞イラストの風刺は、公正な報道を大きく逸脱することのない穏健なもの。両者の作風の違いは大きいが、これは表現者としての資質というより、おのおのの国の新聞の性質、文化的背景の違いによるものだろう。
 フランスの風刺漫画は、1832年に創刊され、二月革命に火をつけたといわれる雑誌「ル・シャリバリ」を源流とする。教科書にも引用される風刺漫画で有名な英国誌「パンチ」は、ル・シャリバリの成功を受けて創刊されたものであり。このことからもフランス風刺漫画の歴史と文化の厚みが感じられる。
 バクシーシュは発行部数約8万。フランスには風刺専門紙の経営が成り立つほどの需要が存在し、それが氏の痛烈なイラスト表現をはぐくむ土壌となっている。日本にはこれに相当する市場は存在せず、従って、同等の表現も成立していないのだ。

 「編集者からイラスト表現の規制を受けることがあるか」「制限を受けたことはない。皮肉に行き過ぎがないかどうかは自問しながら描いている」。会場からの質問に対し、氏はこう答えた。過激な表現をほしいままにしているように見えて、風刺のさじ加減について呻吟する内幕には共感を覚えた。
 過激の程度は国情に応じて変わるが、表現の細目に心を砕くさまは日仏共通である。扱うテーマに関しても、多くは新聞社側から提示されるとのことで、日本と大きな違いはない。
 しかし、依頼された素材が自分にとって危険だと感じれば、「表現しない自由」もまた尊重されていることは新鮮であった。さらに、氏の同僚イラストレーターはタブー描写の罪によりモロッコで禁固刑に問われたが、フランスに逃れ、軽微な罰金刑で済んだという。
 いずれも「表現の自由」を重んじるフランスらしい話だ。フランスの新聞イラストは、ある意味、表現の自由の究極を体現していると言える。
 私たち2人が提示した作品中には、ドラクロワの「民衆を導く自由の女神」のパロディーが共通してあったが、フランス人が女神を克明に描写しているのに対し、日本人は女神をシルエットとしてしか描いていない。両国の表現の自由との距離感を示唆しているようにも見える。

(デザイン部・大串誠寿)

Journal Nishinippon, Vendredi 4 juin 2010

Par Seiju OGUSHI

Une conférence et un entretien se sont déroulés mi-mai à l'Institut Franco-Japonais du Kyushu lors d'un symposium portant sur "le dessin de presse, en France et au Japon: une approche comparative".

PieR Gajewski, dessinateur à l'hebdomadaire satirique "Bakchich" ("Pot de vin" en langue arabe) y participait. Ses dessins, très esthétiques, s'attaquent sans fard aux scandales et aux maladresses verbales des politiciens. Il dessine aussi des demi-nus d'actrices célèbres et de membres du gouvernement.

Les dessins satiriques des journaux dans lesquels je suis impliqué restent toujours modérés et ne s'éloignent jamais vraiment de la réalité. La différence entre les deux styles est donc importante. Ce n’est pas tant le talent des deux auteurs qui est en cause que la nature même de chacun des journaux et des différences de contexte culturel.

Les satires françaises existent depuis la revue "Le Charivari" fondée en 1832. On dit que ce serait elle qui aurait mis le feu aux poudres de la révolution de 1848. Elle a en effet eu un tel succès que la revue satirique anglaise "Punch", qui est citée dans les manuels (japonais), a été façonné à son image. La satire française a donc une grande importance historique et culturelle.

Le journal "Bakchich" est tiré à environ 80.000 exemplaires. Il existe donc en France un intérêt suffisamment fort pour la presse satirique pour qu'un journal entier lui soit dédié. C'est cette demande qui permet à PieR Gajewski de faire des dessins aussi mordants. C'est ce manque d'intérêt qui empêche d'avoir des illustrations similaires au Japon.

Lors de l'entretien, quelqu'un a demandé à Gajewski s'il arrive que l'éditeur censure les dessins. L'intéressé a alors répondu que non et qu'il dessinait en se demandant toujours s'il n'allait pas trop loin dans l'ironie. Je comprends parfaitement cette réaction et cette nécessité de retenir l'expression radicale qui crie en nous pour trouver le bon dosage de la satire.

La notion d'extrémité change selon les moeurs d'un pays mais les détails des expressions sont aussi importants en France qu'au Japon. Il n'y a pas non plus de grandes différences avec le Japon en ce qui concerne les thèmes généralement abordés et proposés par les journaux. Cependant, le dessinateur a la liberté de ne pas traiter d'un sujet demandé s'il sent que cela peut être dangereux pour lui. C'est d'une fraîcheur respectable (pour nous Japonais).

De plus, PieR Gajewski a raconté qu'un de ses collègues avait été condamné à de la prison au Maroc, mais qu'il avait pu s'enfuir en France où il n'eut finalement qu'à payer une légère amende.

Ces deux anecdotes sont de beaux exemples de la liberté d'expression, à la française. Dans un sens, on peut même dire que les illustrations des journaux (satiriques) français sont un symbole de la liberté d'expression.

D'ailleurs, parmi les dessins que nous avons présentés dans l'exposition, il y avait deux parodies de La liberté guidant le Peuple de Delacroix. L’illustration française était détaillée, tandis que la japonaise n'était faite que de silhouettes. C'est sans doute un bon exemple de ce que peuvent être deux interprétations différentes de la liberté d'expression ...

8/06/2010