
ヤスミナ・カドラ
Yasmina Khadra
西日本新聞(朝刊) 2009年12月18日(金)
アルジェリア人作家 ヤスミナ・カドラさん
紛争地域を舞台に「愛」を描く理由は
イスラエルで成功し、妻シヘムとリッチな暮らしを送るアラブ系医師アーミン。街で多数の犠牲者を出す自爆テロがあり、犯人はシヘムだった―。パレスチナ・イスラエル問題を背景に夫婦の姿を描いた「テロル」(早川書房)をはじめ、ベストセラーを出しているアルジェリア人作家ヤスミナ・カドラさん。紛争地域を舞台にした愛と苦悩をテーマにする理由とは。新著「昼が夜に負うもの」(同)の邦訳版発刊を記念し、講演を行った福岡市の九州日仏学館で聞いた。
(編集センター・井手季彦)
現代人の知性、感性に危機感
-「ヤスミナ」はペンネームで女性名だそうだが。
「父の方針で私は9歳で軍人学校に入り将校となり、36年間軍隊生活をした。一方で、祖先は6世紀にわたり作家や詩人を輩出したベドウィンの部族であり、11歳のときには書くために生まれてきたことを自覚。17歳で短編集を出した。しかし、軍が検閲をするようになり、自由に書けなくなった。そのとき妻が『あなたの姓を名乗ることを許してくれたのだから、今度は私の名を使って』と言ってくれたので、誰にも知れず書き続けることができた」
-パレスチナやアフガニスタンなどが舞台の作品ではイスラム原理主義が重要な要素となっている。
「足の指を病めば体全体に痛みが伝わるように、現代社会では、紛争問題は人類全体にかかわってくる。ところが、こうした悲劇を象徴することが起きている地について、ジャーナリズムなどが伝えるのは表面的なことだけだ。私は原理主義者ではないが、実践的なイスラム教徒であり、西洋の目のみで語られるものとは異なる、テロに走る心の本質に迫るには有利な立場にあるかもしれない」
-テロリズムの背景にあるものが一般に理解されていないということか。
「私はアルジェリア軍の上級将官としてテロ掃討作戦も経験しており、テロリストは受け入れがたいし、軽蔑している。他方で、現代人、特に西洋の知識人の知性、感性の危機も感じている。テレビなどメディアが流す紛争地域の情報を、まるでスーパーで物を選ぶように取り込み、電子レンジでチンするように簡単に信じ込んでしまう。そしてその知識を基に議論する。考える力を失っているのだ」
-「テロル」では「祖国を持たない子が幸せになれるのか」という妻シヘムの言葉が印象的だった。
「シヘムにとって『成功=幸せ』ではなかった。共有する幸せでなければ幸せではなかった。子どもに最小限のものさえ与えられない不幸のある場所で、ぜいたくな暮らしをすることは幸せだとは考えられなかったのだ。そもそも男性が自分の成功に酔い、ナルシシズムに陥る傾向にあるのに比べて、女性は周りのことがよく見えてリアリティーに近いと私は思う」
-新作「昼が夜に負うもの」は、フランス植民地時代のアルジェリアで、ヨーロッパ人に交じって暮らすアラブ人少年が主人公だ。
「自分の家族でも最大の敵となるかもしれない。反対に、対立する者の中から親友を見つけることができるかもしれない。この友情の物語を通じて、もっとアルジェリアのこと、アラブ世界のことを知ってもらいたい。私は最上の幸福は『あらゆる庭の、一つの花の魅力を知ること』だと思う。純粋な好奇心があれば全然違う世界も味わうことができる。知性、感性が危機にひんしている今こそ『旅』をしてほしい。飛行機でではなく、本という“空飛ぶじゅんたん”で」
Yasmina Khadra 1955年、アルジェリア生まれ。2001年にフランスに亡命するまで正体不明の作家だった。同国書店組合賞を受けた「テロル」など3作の映画化が進む。パリ在住。
Journal Nishinippon, Vendredi 18 décembre 2009
Par Suehiko IDE
Les raisons de dépeindre l’amour dans les territoires en conflit.
L’attentat, roman de Yasmina Khadra, est devenu un véritable best seller. L’écrivain algérien y raconte l’histoire d’Amine, chercheur israélien d'origine palestinienne, qui a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple d’origine à son peuple d’adoption. Amine s'est entièrement consacré à son métier et à sa femme Sihem, jusqu'au jour où survient un attentat à Tel Aviv. Son ami Naveed, policier, lui annonce alors que Sihem a été tuée et qu'elle est en plus, soupçonnée d'être la kamikaze.
Yasmina Khadra, qui a récemment publié Ce que le jour doit à la nuit, expliquait ainsi, lors d’une conférence organisée par l’Institut franco-japonais du Kyushu à Fukuoka, qu’il souhaitait traiter dans son roman une histoire mêlant amour et souffrance sur fond de conflit armé.
L’auteur de L’attentat n’est pas une femme, comme pourrait le laisser penser ce pseudonyme féminin : « Suivant les directives de mon père, je suis entré dans une école militaire à l’âge de 9 ans, puis je suis devenu officier et j’ai mené une vie de militaire durant 36 ans. Par ailleurs, je suis issu d’une famille de bédouins qui a vu naître des poètes, des écrivains depuis près de six siècles. Ainsi, dès l’âge de 11 ans j’avais pris conscience que j’étais destiné à écrire. A 17 ans, j’ai publié un recueil de nouvelles. Toutefois, de par les règles militaires, il m’a été impossible d’écrire librement à partir de mon incorporation. Ma femme m’a alors fait remarquer qu’elle avait accepté de porter mon patronyme, et qu’à mon tour, je pouvais utiliser son nom. J’ai pu ainsi continuer à écrire en tout anonymat ».
Le fondamentalisme islamique devint un élément clé dans ses œuvres, qui prennent souvent pour toile de fond la Palestine et l’Afghanistan. «Lorsque l’on a une douleur aux doigts de pieds, la douleur se transmet à tout le corps. De même, dans notre société actuelle, les conflits ont des répercutions sur l’humanité toute entière. Cependant, ces pays où se déroulent de véritables tragédies ne sont dépeints que de manière superficielle par les journalistes. Je ne suis pas un extrémiste islamique, mais je suis un pratiquant de l’islam, cette différence est mal comprise des occidentaux. Quoi qu’il en soit, je pense que sous certaines conditions, les hommes peuvent être conduits à commettre des actes terroristes. »
- Voulez-vous dire que les raisons intrinsèques du terrorisme sont généralement mal comprises ?
- « J’ai participé à la stratégie de lutte contre le terrorisme en tant qu’officier dans l’armée algérienne, et je ne peux accepter ce que font les terroristes. J’ai un profond dégoût envers leurs exactions. D’autre part, je peux comprendre la sensibilité et les réflexions des intellectuels occidentaux contemporains concernant ces problèmes. Les médias, et notamment la télévision, ont tendance à prendre comme telles les informations diffusées dans les pays où ont lieu les conflits, se servant comme ils le feraient au supermarché. Ils pensent que cela fonctionne de manière aussi triviale que l’utilisation d’un four à micro-ondes ; en se basant uniquement sur leurs connaissances, des controverses apparaissent. Ils ont perdu la force de réfléchir. »
- Dans L’attentat, un enfant qui n’a pas de patrie peut-il connaître le bonheur ?
- « Pour Sihem, le bonheur ne correspondait pas à un aboutissement. Si cela n’est pas un bonheur partagé alors ce n’est pas le bonheur. On ne peut pas considérer que l’on est heureux si l’on vit de manière somptueuse, dans un environnement miséreux où les enfants ne possèdent même pas ne serait-ce que le minimum vital. Je pense que les hommes sont enivrés par la soif de réussite et qu’ils ont des penchants narcissiques, alors que les femmes sont davantage attentives à ce qui les entourent, aux choses proches des réalités. »
- Dans votre nouveau roman Ce que le jour doit à la nuit, le héros est un jeune arabe intégré, vivant en Algérie lors de la période coloniale, période où la France occupait l’Algérie.
- « Les membres de sa famille sont peut-être devenus ses plus grands ennemis. Il pourra sans doute trouver son âme sœur au sein de ces personnes antagonistes. Je veux faire connaître le monde musulman et l’Algérie au travers de cette histoire d’amitié. Je pense que le plus grand des bonheurs est de trouver l’attrait d’une fleur dans un jardin. On peut goûter à un monde complètement différent si l’on possède une curiosité et un cœur pur. Désormais je souhaite me consacrer au voyage. Non pas par avion, mais voyager avec les livres, tels des tapis volants qui me transporteraient ».




