
Entretien avec M. Izraelewicz
イズラエレビッツ氏インタビュー
Journal Nishinippon, Mercredi 20 mai 2009
Entretien avec M. Izraelewicz, directeur de la rédaction d'un grand journal économique français.
Erik Izraelewicz (55 ans), directeur de la rédaction du quotidien économique français La Tribune, sera le 28 mai à l'Institut franco-japonais du Kyushu, à Fukuoka, pour une conférence où il analysera d'un point de vue européen la crise économique mondiale que nous connaissons aujourd'hui. Nous l'avons interviewé avant son départ pour le Japon.
Quelle est selon vous la cause principale de la crise économique actuelle ?
Cette crise économique signifie l'échec du modèle économique mondial qui a prévalu de 1979 à 2009. 1979 marque les débuts du gouvernement Thatcher au Royaume-Uni et de la politique d'ouverture économique de Deng Xiaoping en Chine. L'année suivante a vu l'arrivée au pouvoir de Reagan aux Etats-Unis, et avec elle les débuts d'une course effrénée à la dérégulation, à la libéralisation et aux privatisations à l'échelle mondiale. S'il est vrai que ces politiques ont permis à l'économie mondiale de croître rapidement, elles ont aussi fini par produire des déséquilibres considérables.
J'entends par « déséquilibres » : premièrement le fait que la Chine, qu'on ne saurait qualifier de très riche, est devenue le premier créancier des Etats-Unis, qui eux sont une grande puissance économique ; deuxièmement l'écart qui s'est creusé entre les profits des banques, enrichies grâce à la bulle financière, et l'industrie ; troisièmement le gaspillage continu des ressources de la planète, lesquelles ne sont pas illimitées. Un modèle économique reposant sur de tels déséquilibres ne peut tout simplement pas perdurer.
Quelle est la solution à cette crise ?
Elle réside dans la correction de ces déséquilibres. Et pour cela il est nécessaire de renforcer l'implication des Etats dans l'économie et de mettre en œuvre les réglementations qui s'imposent. La façon de penser le libéralisme économique n'est pas la même en Europe, au Japon et aux Etats-Unis. Cependant, le nouveau gouvernement Obama compte opérer un changement radical par rapport aux politiques des années Bush. Alors que nous vivons aujourd'hui le contrecoup d’une économie fondée sur le laisser-faire, il est désormais indispensable de rénover le système capitaliste mondial.
Quelle est votre vision personnelle du rapport entre crise et médias ?
On peut dire que cette crise économique est la première à laquelle Google ait participé. Ce que j'entends par là, c'est que les facteurs psychologiques ont une influence déterminante sur le degré de confiance en l'économie, et que les médias ont amplifié les sentiments d'incertitude. Les médias nous informent instantanément, 24h sur 24, des indicateurs économiques publiés de l'autre côté de la planète et influent sur les marchés. Les médias, de même que ceux qui en reçoivent les informations, doivent prendre conscience de cette réalité.
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Cette conférence, organisée à l'occasion du premier anniversaire de la création du Club des partenaires de la France dans le Kyushu, aura lieu le 28 mai à partir de 19 heures. Entrée libre (sur réservation), interprétation en japonais. Renseignements et réservations : Institut franco-japonais du Kyushu
Tel : 092 712 09 04
(Takaki Akihiko, Paris)





